Une maison est trop humide quand elle produit ou reçoit plus d’eau qu’elle n’en évacue, et la première étape consiste donc à trouver la source avant de ventiler ou de déshumidifier.

Trois familles de causes, les signes qui les trahissent et la piste à suivre.
L’humidité dans une maison provient de trois origines : la vie quotidienne des occupants, l’enveloppe du bâtiment et la condensation sur les surfaces froides. Avant de ventiler en hiver ou d’installer un déshumidificateur en été, il faut identifier la cause du problème et la régler, comme le précise le Gouvernement du Québec. Les problèmes importants s’accompagnent souvent d’odeurs désagréables, ce qui donne un premier indice pour répondre à la question pourquoi l’humidité s’installe dans la maison.
Les mesures d’économie d’énergie, comme une meilleure étanchéité, peuvent aussi augmenter l’humidité relative à l’intérieur lorsque la ventilation est insuffisante, selon Santé Canada.
Les douches, les bains, la cuisson et la lessive libèrent de la vapeur d’eau qui reste dans l’air lorsque les ventilateurs d’extraction ne fonctionnent pas correctement ou ne sont pas utilisés. Le document fédéral ajoute à cette liste le surpeuplement et la culture du cannabis à l’intérieur, qui augmentent la quantité de vapeur d’eau produite par les occupants et les plantes.
Plusieurs habitudes alimentent aussi le problème, notamment une sécheuse dont le tuyau n’est pas raccordé à une sortie extérieure, un humidificateur utilisé trop longtemps ou un bac de déshumidificateur qui n’est pas vidé, du bois de chauffage entreposé à l’intérieur et de longues douches prises sans ventilateur.
Une mauvaise ventilation est la principale cause d’une piètre qualité d’air intérieur, et les endroits les plus touchés sont la cuisine, la salle de bains et le sous-sol, selon Santé Canada. Il convient donc d’utiliser le ventilateur pendant la cuisson et la douche, puis de le laisser fonctionner quelques minutes ensuite.
Les causes liées au bâtiment regroupent les infiltrations d’eau par les fissures des fondations, du plancher, des murs ou du toit, ainsi que les fuites de plomberie. Un sol humide autour de la maison est plus sujet au gel et peut fissurer les fondations et les murs, ce qui aggrave les infiltrations.
Plusieurs situations augmentent le risque :
Un pare-vapeur de mauvaise qualité ou mal installé laisse aussi migrer la vapeur à travers les murs, notamment près des boîtiers électriques et des châssis de fenêtres. Un béton non protégé par une membrane hydrofuge sous le bois ou le tapis produit des odeurs de bois en décomposition ou de tapis humide. Les correctifs majeurs, comme le drain de fondation, les fissures et l’isolation par l’extérieur, relèvent d’un spécialiste du bâtiment.

La buée régulière sur les fenêtres en hiver signale souvent une humidité trop élevée ou une ventilation insuffisante.
La condensation au sous-sol et sur les fenêtres indique souvent un problème de ventilation, surtout dans une maison très étanche. En été, l’air chaud et humide se condense sur les surfaces plus froides du sous-sol, et des conduits d’eau froide qui suintent peuvent aussi toucher le bas des murs de fondation.
Une ventilation insuffisante entraîne de la condensation dans les fenêtres, une détérioration prématurée de l’habitation et la prolifération de moisissures, selon le Gouvernement du Québec. Le VRC extrait généralement l’air dans les salles de bain et il est obligatoire dans toute nouvelle construction au Québec. Une ventilation excessive en hiver amène par contre de l’air froid et sec, qui cause de l’inconfort, des coûts de chauffage plus élevés, de la sécheresse oculaire et des saignements de nez.
Un échangeur d’air arrêté ou encrassé réduit l’évacuation de la vapeur, d’où l’intérêt d’un nettoyage d’échangeurs d’air lorsque l’appareil fonctionne mal.
Le lieu, la saison et le moment d’apparition de l’humidité permettent de distinguer un problème de ventilation d’un problème d’enveloppe. Une humidité qui apparaît dans la salle de bain ou la cuisine après la douche ou la cuisson, ou de la buée sur les fenêtres en hiver, oriente vers la ventilation.
Une humidité localisée au bas des murs du sous-sol, qui augmente après la fonte des neiges ou une pluie intense, oriente plutôt vers l’enveloppe ou le drainage. Les inondations causées par la fonte des neiges ou les pluies intenses figurent d’ailleurs parmi les causes énumérées dans le document fédéral. Une condensation sur les murs froids du sous-sol en été relève de l’air chaud et humide, donc de la ventilation et du contrôle de l’humidité.
Une condensation régulière sur les fenêtres ou les murs peut indiquer une humidité trop élevée, selon le Gouvernement du Québec. D’autres signes trahissent un excès d’eau :
La moisissure peut se développer en deux jours dans une zone trop humide, et les moisissures sont des champignons. Pour la prévention et le traitement de la moisissure, il faut d’abord corriger la source d’eau.

Les personnes qui vivent avec de l’humidité et des moisissures présentent plus souvent une irritation des yeux, du nez et de la gorge, de la toux, une respiration sifflante ou une aggravation de l’asthme. Les enfants, les aînés et les personnes asthmatiques ou allergiques sont plus à risque, et il convient d’en parler à un professionnel de la santé.
Un hygromètre permet de vérifier le taux d’humidité, et le déshumidificateur aide au sous-sol l’été.
Le taux d’humidité relative visé se situe entre 30 et 50% selon Santé Canada, et habituellement entre 30 et 55% selon le Gouvernement du Québec pour prévenir la condensation. Un hygromètre, vendu à prix modeste en quincaillerie, permet de mesurer ce niveau d’humidité à l’intérieur. Pour aller plus loin, consultez notre texte sur le taux d’humidité idéal dans la maison.
Le document fédéral conseille de faire fonctionner un déshumidificateur au sous-sol s’il y a de la condensation sur les rebords de vitrage ou si l’humidité relative dépasse 50%. Lorsque l’humidité relative extérieure dépasse 70% l’été, il faut tout garder fermé et utiliser un déshumidificateur, car l’air extérieur augmenterait l’humidité du sous-sol. L’hiver, on peut ventiler en ouvrant deux fenêtres pendant deux à trois minutes selon la température extérieure.
Le chauffage semble régler le problème parce que l’air réchauffé peut contenir encore plus d’humidité, ce qui fait disparaître la condensation visible. Dès que la température redescend, l’humidité se condense sur les surfaces froides et le cycle recommence, ce qui ajoute de l’eau aux matériaux poreux, et un assèchement durable demande donc de corriger la source.
Commencez par mesurer l’humidité avec un hygromètre, puis réglez la source : raccordez le tuyau de la sécheuse à l’extérieur, utilisez les ventilateurs, limitez l’humidificateur et asséchez tout dégât d’eau en 24 à 48 heures. Si la cause vient des fissures, du drain de fondation ou de la toiture, faites appel à un spécialiste du bâtiment.
Lorsque l’humidité semble venir de la ventilation, nous pouvons intervenir. Un échangeur d’air arrêté ou encrassé, un ventilateur de salle de bain inefficace ou un conduit de sécheuse débranché ou obstrué en sont les causes habituelles. Pour un conduit obstrué, un nettoyage du conduit de sécheuse rétablit l’évacuation de l’air humide vers l’extérieur. Nous inspectons les conduits et l’échangeur d’air avec une caméra et nous remettons un rapport photo. Une analyse de l’air dans une maison peut compléter la démarche. Pour demander une soumission rapide ou planifier une inspection de vos conduits, composez le 450 577-5578.
La buée apparaît parce que l’air intérieur humide se condense sur la vitre froide. Elle indique souvent une ventilation insuffisante ou un taux d’humidité trop élevé, que vous pouvez vérifier avec un hygromètre.
Un déshumidificateur aide, surtout au sous-sol l’été, mais il ne règle pas la source. Il faut donc d’abord trouver d’où vient l’eau, puis corriger la cause.
La réponse dépend de l’air extérieur : l’hiver, deux à trois minutes avec deux fenêtres ouvertes suffisent, mais l’été, par temps chaud et lourd, l’air entrant augmente l’humidité du sous-sol.
Elle signale une humidité excessive et peut être associée à de l’irritation et à de la toux. Parlez de vos symptômes à un professionnel de la santé et corrigez la source d’eau.
Une inspection est utile lorsque l’appareil est arrêté, bruyant ou encrassé, ou lorsque la condensation persiste malgré l’utilisation des ventilateurs. Une caméra permet alors de voir l’état réel des conduits.